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Fiscalité

Assurance-vie ou PEA : où loger ses ETF en 2026 ?

Les deux savent héberger un ETF monde. Sur vingt ans, l'écart se chiffre en dizaines de milliers d'euros — et il ne vient pas d'où l'on croit.

· 9 min de lecture

Les deux enveloppes savent héberger un ETF actions monde. Les deux permettent d'arbitrer sans payer d'impôt tant que l'argent reste dedans. Les deux sont recommandées par à peu près tout le monde. Et pourtant, sur vingt ans, le choix se chiffre en dizaines de milliers d'euros.

Ce qui suit compare les deux sur les trois seuls critères qui pèsent vraiment — les frais annuels, l'impôt à la sortie, et ce que l'enveloppe sait faire que l'autre ne sait pas — avec les taux en vigueur en 2026, qui ont changé au 1er janvier.

Ce qui a changé au 1er janvier 2026

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) a porté la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %. Les prélèvements sociaux passent donc de 17,2 % à 18,6 %, et la flat tax de 30 % à 31,4 %.

La hausse ne touche pas les deux enveloppes de la même façon, et c'est le point que la plupart des comparatifs n'ont pas encore intégré :

Prélèvements sociaux 2025Prélèvements sociaux 2026
PEA17,2 %18,6 %
Compte-titres, crypto17,2 %18,6 %
Assurance-vie17,2 %17,2 % (inchangé)
Immobilier, épargne réglementée17,2 %17,2 % (inchangé)

L'écart de taxation entre PEA et assurance-vie s'est donc réduit de 1,4 point. Cela ne renverse pas le classement, comme on va le voir — mais cela vaut la peine de refaire le calcul plutôt que de recopier un article de 2024.

Le vrai écart ne vient pas de l'impôt : il vient des frais

Dans un PEA chez un courtier en ligne, un ETF monde vous coûte ses frais courants, soit environ 0,2 % par an, et rien d'autre. Dans une assurance-vie, le même ETF supporte en plus les frais de gestion du contrat sur unités de compte : 0,6 % par an dans un bon contrat en ligne, souvent 0,85 % ailleurs, et jusqu'à 1 % dans un contrat bancaire. Chaque année, sur la totalité de l'encours.

Prenons 50 000 € placés pendant 20 ans sur un ETF monde à 6 % de rendement annuel brut, et comparons ce qui reste réellement en poche après impôt :

PEA (> 5 ans)Assurance-vie (> 8 ans)
Frais annuels supportés0,2 %0,8 % (ETF + contrat)
Capital après 20 ans154 413 €137 811 €
Plus-value104 413 €87 811 €
Impôt à la sortie19 421 € (18,6 %)21 344 € (24,31 % effectif)
Net en poche134 992 €116 467 €

18 525 € d'écart. Et le détail est instructif : l'assurance-vie est moins taxée que le PEA à la sortie — 24,31 % contre 18,6 %, grâce à l'abattement de 4 600 € et au taux réduit de 7,5 %. Elle perd quand même, largement, parce que 0,6 % de frais annuels pendant vingt ans coûtent bien plus cher que quelques points d'impôt une seule fois.

C'est la leçon générale de l'épargne longue : les frais se composent, l'impôt ne se compose pas. Vous pouvez le vérifier sur vos propres contrats avec le simulateur de frais.

Ce que le PEA ne sait pas faire

Si le PEA gagnait toujours, l'article s'arrêterait ici. Ce n'est pas le cas.

  • La transmission. C'est l'argument décisif de l'assurance-vie. Les capitaux transmis au décès échappent aux droits de succession à hauteur de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans, puis 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà. Après 70 ans, l'abattement tombe à 30 500 €, tous contrats et bénéficiaires confondus — mais les gains restent exonérés. Un PEA, lui, entre dans la succession et se ferme au décès.
  • Le plafond. 150 000 € de versements (225 000 € en cumulant un PEA-PME). Les gains ne sont pas plafonnés, mais une fois le plafond atteint, il faut bien loger la suite quelque part.
  • Le fonds euros. Capital garanti, disponible, autour de 2,5 % à 3 % ces dernières années. Il n'existe pas d'équivalent dans un PEA.
  • Certains supports. Actions américaines en direct, ETF obligataires, SCPI, private equity : rien de tout cela n'entre dans un PEA.
  • Les cinq premières années. Un retrait avant 5 ans ferme le plan et déclenche le PFU à 31,4 %. Si l'argent peut servir avant, le PEA n'est pas le bon endroit.

Ce que l'assurance-vie ne sait pas faire

  • Être gratuite. Les frais de gestion sur unités de compte sont prélevés chaque année, que le contrat monte ou descende. C'est le coût de tout le reste.
  • Vous laisser choisir librement. Vous êtes limité à la liste d'ETF référencés par le contrat, souvent courte. Un PEA donne accès à tout ce qui est éligible sur le marché.
  • Vous protéger des frais cachés. Frais d'arbitrage, frais sur versement, frais de gestion différents entre fonds euros et unités de compte : trois lignes à vérifier avant de signer. Dans un bon contrat en ligne, les deux premiers sont à zéro.

La règle simple, et quand elle s'inverse

Pour un ETF actions monde destiné au long terme, dans l'ordre :

  1. Le PEA d'abord, jusqu'au plafond. Moins de frais, pas d'impôt tant qu'on n'y touche pas, 18,6 % à la sortie après 5 ans.
  2. L'assurance-vie ensuite, pour ce que le PEA ne sait pas faire : au-delà du plafond, pour la transmission, pour un fonds euros, pour des supports non éligibles.
  3. Le compte-titres en dernier, pour tout le reste — sans plafond mais sans avantage fiscal, à 31,4 %. Le sujet est détaillé dans PEA vs CTO : quelle fiscalité.

L'ordre s'inverse dans trois situations :

  • Vous avez plus de 60 ans et un objectif de transmission. L'abattement de 152 500 € par bénéficiaire pèse plus lourd que 0,6 % de frais annuels, et l'horloge des 70 ans tourne.
  • Votre horizon est inférieur à cinq ans. Le PEA perd son intérêt et sa souplesse.
  • Vous voulez un mélange fonds euros et actions dans une seule poche, avec des arbitrages entre les deux sans frottement fiscal. Le PEA ne le permet pas.

Dans la plupart des cas, la vraie réponse n'est d'ailleurs pas « l'un ou l'autre » mais les deux, dans cet ordre : ouvrir une assurance-vie tôt, même avec 100 €, pour lancer le compteur des 8 ans, et remplir le PEA en priorité pendant ce temps.

Questions fréquentes

Peut-on acheter un ETF MSCI World dans un PEA ?

Oui, mais pas n'importe lequel. Le PEA n'accepte que des titres européens ; les émetteurs contournent la contrainte avec des ETF à réplication synthétique, qui détiennent un panier d'actions européennes et échangent leur performance contre celle de l'indice mondial via un swap. Le résultat suit l'indice, avec un risque de contrepartie encadré et des frais légèrement supérieurs à un ETF physique.

Faut-il attendre 8 ans avant de retirer d'une assurance-vie ?

Un retrait est possible à tout moment : l'argent n'est jamais bloqué. Avant 8 ans, les gains retirés sont imposés à 30 %. Après 8 ans, l'abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) et le taux réduit de 7,5 % s'appliquent. C'est pour cela qu'on conseille d'ouvrir un contrat tôt, même avec 100 € : ce qui compte, c'est la date d'ouverture, pas le montant.

Que se passe-t-il quand le PEA atteint 150 000 € ?

Vous ne pouvez plus verser, mais le plan continue de fonctionner : les gains ne sont pas plafonnés, les arbitrages restent libres et non imposés. Les versements suivants vont ailleurs — assurance-vie ou compte-titres selon l'objectif.

Un retrait sur un PEA de plus de 5 ans ferme-t-il le plan ?

Non, depuis la loi Pacte. Après 5 ans, les retraits partiels sont libres et le plan reste ouvert, versements compris. Avant 5 ans, un retrait entraîne en revanche la clôture, sauf cas particuliers (licenciement, invalidité, mise à la retraite, création d'entreprise).

Une fois que vous avez les deux

À partir du moment où votre épargne vit dans deux enveloppes, chez deux établissements, la question n'est plus « laquelle choisir » mais « où j'en suis ». C'est exactement ce que Cumul fait : le PEA, l'assurance-vie, les livrets, la crypto et l'immobilier sur un seul écran, avec la répartition réelle et une estimation fiscale par enveloppe — sans jamais demander vos identifiants bancaires.

Taux et plafonds en vigueur en France à la date de publication : prélèvements sociaux 18,6 % (assurance-vie et immobilier 17,2 %), PFU 31,4 %, plafond PEA 150 000 €, abattement assurance-vie 4 600 € par an après 8 ans (9 200 € pour un couple). Hypothèses de l'exemple : résident fiscal français, célibataire, abattement non consommé par ailleurs, pas d'option pour le barème progressif, rendement constant — ce qui n'arrive jamais dans la réalité.

Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement ni un conseil fiscal. Les règles fiscales citées sont celles en vigueur en France à la date de publication et peuvent évoluer.